Verre d’eau près d’un robinet, illustration de l’article sur quelle eau boire au quotidien

Quelle eau boire au quotidien ? Ce qu’il est utile de comprendre avant de choisir

On fait de plus en plus attention à ce que l’on mange. On regarde les étiquettes, la provenance des aliments, leur composition, parfois même la manière dont ils ont été cultivés ou transformés.

Et pourtant, il y a quelque chose que nous consommons tous les jours, plusieurs fois par jour, auquel nous accordons souvent beaucoup moins d’attention : notre eau.

Pendant longtemps, je ne me suis pas vraiment posé la question. Je buvais de l’eau du robinet, je la filtrais, et cela me semblait suffisant.

Puis j’ai commencé à m’intéresser davantage à l’hydratation et, surtout, à comprendre qu’il existe plusieurs questions différentes derrière cette phrase toute simple : « Est-ce que mon eau est bonne ? »

Bonne au goût ? Potable ? Peu minéralisée ? Très minéralisée ? Filtrée ? Sans certaines substances que l’on préférerait éviter ?

Quand on commence à se demander quelle eau boire au quotidien, je crois qu’il faut d’abord revenir à quelque chose de très simple : comprendre ce que l’on boit aujourd’hui et ce que l’on cherche réellement à améliorer.

En bref, il n’existe pas une seule eau qui soit « la meilleure » pour tout le monde. L’origine de l’eau, sa composition, les canalisations par lesquelles elle passe et ce que l’on souhaite éventuellement filtrer comptent autant que la technologie choisie ensuite.

Une eau potable est-elle forcément une eau « parfaite » ?

C’est probablement la première distinction importante.

En Suisse, l’eau potable est globalement de très bonne qualité. Elle est soumise à des normes sanitaires et les distributeurs sont responsables de sa surveillance.

Je trouve important de le rappeler, parce qu’on peut vite tomber dans un discours anxiogène dès qu’on parle de qualité de l’eau, alors que le sujet mérite surtout d’être compris avec nuance.

Mais potable ne signifie pas nécessairement totalement dépourvue de toute substance mesurable.

Les techniques d’analyse sont aujourd’hui capables de détecter des quantités extrêmement faibles de nombreuses molécules. Les autorités surveillent notamment différents micropolluants, pesticides et métabolites, ainsi que les PFAS, ces substances chimiques très persistantes dans l’environnement.

La présence d’une trace ne signifie pas automatiquement qu’il existe un danger pour la santé. Tout dépend de la substance, de sa concentration et des valeurs sanitaires établies.

C’est justement pour cette raison que la qualité de l’eau fait l’objet d’une surveillance régulière et que les normes évoluent avec les connaissances scientifiques.

Est-ce que toutes les eaux du robinet se ressemblent ?

Non, et c’est une chose que je trouve particulièrement importante à comprendre.

La composition de l’eau dépend de sa provenance.

Elle peut venir d’un lac, d’une nappe phréatique, de sources ou d’un mélange de différentes ressources. Sa teneur en calcium, magnésium, sodium et autres minéraux peut donc varier considérablement d’une région à l’autre.

La dureté de l’eau varie elle aussi.

À Genève, par exemple, l’eau potable provient majoritairement du lac Léman, complétée par les nappes phréatiques du canton. Sa composition peut légèrement varier selon la zone de distribution.

Quelqu’un vivant ailleurs en Suisse ou en France peut donc avoir une eau très différente.

C’est la première raison pour laquelle je trouve dommage de chercher directement « le meilleur filtre à eau » ou « la meilleure eau à boire » sans commencer par regarder l’eau que l’on a réellement chez soi.

Et par quels tuyaux cette eau arrive-t-elle jusqu’à notre verre ?

Il y a aussi un élément auquel on pense beaucoup moins : le chemin parcouru par l’eau entre le réseau public et notre robinet.

Une eau peut être parfaitement conforme lorsqu’elle est distribuée et traverser ensuite plusieurs mètres de canalisations avant d’arriver dans notre cuisine : branchement du bâtiment, conduites de l’immeuble, tuyauterie de l’appartement, raccords et robinetterie.

L’âge du bâtiment, les matériaux utilisés, l’état de l’installation et le temps pendant lequel l’eau reste immobile dans les conduites peuvent avoir une influence sur ce que l’on retrouve finalement au robinet.

Dans les installations anciennes notamment, certains matériaux peuvent libérer des métaux dans l’eau. Le plomb constitue l’exemple le mieux documenté : l’Organisation mondiale de la Santé souligne que des conduites, raccords ou soudures contenant du plomb peuvent être une source de contamination de l’eau potable, notamment après une période prolongée de stagnation.

Cela ne signifie évidemment pas que nos canalisations rendent systématiquement notre eau problématique. Mais cela rappelle qu’il existe une différence entre la qualité de l’eau dans le réseau public et la qualité de l’eau telle qu’elle sort réellement de notre robinet.

Après une longue période sans utilisation, il peut donc être judicieux de laisser couler l’eau stagnante jusqu’à ce qu’elle redevienne fraîche avant de l’utiliser pour boire ou cuisiner.

Encore une fois, avant de chercher une solution, cela vaut la peine de regarder l’ensemble du parcours de son eau, et pas uniquement son origine.

Et les PFAS, pesticides, résidus de médicaments ou microplastiques ?

Ces sujets reviennent de plus en plus souvent, et il est parfois difficile de faire la différence entre une information sérieuse et un discours destiné à faire peur.

Les PFAS, par exemple, constituent aujourd’hui un véritable sujet environnemental. On en retrouve dans les eaux souterraines et les cours d’eau, et les autorités suisses renforcent progressivement leur surveillance et leur réglementation.

Cela ne signifie pas pour autant que l’eau du robinet suisse serait soudain devenue impropre à la consommation. Les autorités sanitaires indiquent au contraire qu’elle reste globalement sûre lorsqu’elle respecte les normes en vigueur.

En revanche, cela montre quelque chose d’intéressant : la question de l’eau évolue en même temps que nos connaissances et nos capacités d’analyse.

Les microplastiques sont eux aussi détectés dans de nombreux compartiments de notre environnement. La recherche progresse encore pour comprendre précisément leur présence, leurs sources et leurs conséquences éventuelles.

Je préfère donc éviter les raccourcis du type « l’eau du robinet est dangereuse » ou, à l’inverse, « puisqu’elle est potable, il n’y a plus aucune question à se poser ».

La réalité est beaucoup plus nuancée.

Eau du robinet, eau en bouteille ou eau filtrée ?

C’est souvent à ce moment-là que les choses se compliquent.

On pourrait penser que l’eau en bouteille constitue automatiquement une meilleure option. Pourtant, ce n’est pas aussi simple.

Une eau en bouteille peut avoir une composition minérale intéressante, mais cela dépend de la source choisie. Elle implique également du transport, des emballages et un coût récurrent.

L’eau du robinet a de son côté un avantage considérable : elle est disponible immédiatement et son coût est très faible. En Suisse, elle fait également l’objet de nombreux contrôles.

La filtration domestique représente une troisième possibilité. Là encore, il n’existe pas « un filtre » universel.

Une carafe filtrante, un filtre au charbon actif, un système sous évier ou une osmose inverse ne fonctionnent pas de la même façon et ne retiennent pas nécessairement les mêmes substances.

C’est là que je trouve qu’une question simple peut éviter beaucoup d’achats inutiles :

Qu’est-ce que j’essaie réellement d’enlever ou de modifier dans mon eau ?

Sans cette réponse, on risque d’acheter une solution parce qu’elle semble performante sans savoir si elle correspond au problème que l’on voulait résoudre.

Si tu souhaites aller plus loin sur ce point, j’ai également préparé une page pour comprendre la différence entre filtration et ionisation.

Faut-il conserver les minéraux de l’eau ?

Autre question qui revient souvent.

L’eau contient naturellement différents minéraux, notamment du calcium et du magnésium, avec des quantités très variables selon sa provenance.

Notre alimentation reste notre principale source de minéraux, mais cela ne signifie pas que la composition minérale de l’eau n’a aucun intérêt.

Certaines méthodes de traitement conservent la majorité des minéraux présents dans l’eau, tandis que d’autres, comme l’osmose inverse, éliminent une part importante des substances dissoutes.

Ce n’est pas forcément « bien » ou « mal ». Cela dépend encore une fois du résultat recherché.

C’est pour cette raison que j’aime de moins en moins les comparaisons qui présentent une technologie comme supérieure dans toutes les situations.

Pour moi, le bon système est surtout celui qui correspond à l’eau que l’on a réellement chez soi, à ce que l’on souhaite améliorer et à la façon dont on va l’utiliser au quotidien.

Et l’hydratation dans tout ça ?

On parle beaucoup de la quantité d’eau à boire et beaucoup moins de notre relation quotidienne à l’hydratation.

Pourtant, une hydratation suffisante participe au fonctionnement normal de l’organisme. Quand nos apports en eau deviennent insuffisants, cela peut notamment influencer nos sensations de fatigue, notre concentration et notre bien-être général.

Mais là encore, il faut se méfier des promesses trop belles.

Boire une eau particulière ne remplace ni une alimentation équilibrée, ni le sommeil, ni le mouvement, ni la prise en charge médicale lorsqu’elle est nécessaire.

Je trouve beaucoup plus intéressant de considérer l’eau comme l’un des éléments de notre hygiène de vie quotidienne.

Parce que finalement, contrairement à beaucoup d’autres choses que nous essayons ponctuellement pour prendre soin de nous, boire est quelque chose que nous faisons chaque jour de notre vie.

Alors, comment choisir son eau ?

Avant de regarder les technologies et les marques, je commencerais aujourd’hui par me poser quelques questions très simples : d’où vient mon eau, quelle est sa composition, par quelles installations arrive-t-elle chez moi, quels contrôles sont effectués dans ma région, qu’est-ce qui me gêne actuellement et qu’est-ce que j’aimerais réellement améliorer ?

Cela peut être le goût, le calcaire, l’envie de réduire les bouteilles en plastique, la présence potentielle de certaines substances, le souhait de conserver les minéraux, la simplicité d’utilisation, le budget, ou simplement l’envie de mieux comprendre ce que l’on boit chaque jour.

À partir de là seulement, il devient pertinent de comparer les différentes solutions disponibles : filtration au charbon actif, systèmes sous évier, osmose inverse, ionisation ou autres technologies de traitement de l’eau.

Et aucune de ces solutions ne devrait être choisie uniquement parce qu’une publicité affirme qu’elle est « la meilleure ».

Ma façon de voir les choses aujourd’hui

Plus je m’intéresse à l’eau, plus je trouve que la bonne question n’est pas :

« Quelle est la meilleure eau ? »

mais plutôt :

« Quelle est mon eau aujourd’hui, et qu’est-ce que j’aimerais réellement améliorer ? »

C’est une nuance, mais elle change complètement la démarche.

Plutôt que de commencer par une machine ou une technologie, on commence par comprendre son eau.

Et c’est exactement l’approche que j’ai envie de partager ici au fil des prochains articles : sans dramatiser, sans promettre de miracles, mais en essayant de comprendre ce que disent les données, ce que font réellement les différentes solutions et comment faire un choix plus éclairé.

Si ce sujet te questionne et que tu aimerais mieux comprendre l’eau que tu bois chez toi, tu peux m’écrire. Je serai ravie d’échanger avec toi et de t’aider à faire le point sur les différentes possibilités, simplement et sans pression.

Sources principales

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